Quand on pense aux vendanges, on imagine souvent des rangées de vignes baignées de soleil, des sécateurs à la main, des moments de partage autour d’un bon verre de vin… Mais que se passe-t-il vraiment derrière les cuves ? J’ai eu la chance de vivre l’envers du décor en travaillant pendant les vendanges chez Pernod Ricard New Zealand, et je vous embarque avec moi dans cette aventure aussi intense qu’instructive.
Une géante du vin au pays du long nuage blanc
Avant de plonger dans le jus (littéralement), un peu de contexte : Pernod Ricard New Zealand est l’une des plus grandes entreprises viticoles du pays. Elle fait partie du groupe français Pernod Ricard, connu mondialement pour ses marques comme Jacob’s Creek, Mumm ou encore Chivas Regal. En Nouvelle-Zélande, l’entreprise est surtout connue pour ses vins de Marlborough, notamment les Sauvignon Blanc qui font la réputation du pays.
Quelques chiffres pour donner une idée de l’échelle :
- Deuxième plus grosse entreprise viticole de Nouvelle-Zélande, juste derrière Indevin.
- Environ 148 hectares de vignes répartis principalement dans la région de Marlborough.
- Une production avoisinant les 40 000 tonnes de raisins par an pendant les vendanges, ce qui en fait une véritable usine à vin.
Quand je dis “usine”, ce n’est pas péjoratif. C’est une machine parfaitement huilée, avec des équipes venues du monde entier, des horaires intenses, des protocoles stricts, et une organisation presque militaire. Mais c’est aussi un lieu de passion, de camaraderie, et d’apprentissage.
Plongée dans les vendanges
J’ai rejoint les équipes en tant que cellar hand, au cœur du site de Blenheim, dans le Marlborough. Les journées de mon cotes commençaient la nuit 7 pm – 7am, 12 heures en pleine periode de pic. On travaille sous pression, au rythme des arrivées de camions remplis de raisins, des analyses de jus, des transferts entre cuves, du nettoyage sans fin…
Le plus impressionnant ? L’échelle de la production. Des cuves gigantesques de plusieurs centaines de milliers de litres, des pressoirs qui engloutissent des tonnes de raisins en quelques minutes, et une bonne coordination entre les équipes terrain, labo, logistique et vinification.
Mais malgré la taille industrielle de l’entreprise, il y a un vrai soin apporté à chaque étape. Tout est documenté, contrôlé, et la sécurité est une priorité constante. Loin du petit chai artisanal, mais tout aussi fascinant.
Une aventure humaine et sensorielle
Au-delà de la technique, ce sont surtout les rencontres et l’ambiance qui marquent. Des collègues venus de France, d’Italie, d’Argentine, D’Uruguay, d’Allemagne, des Kiwis (néo-zélandais) passionnés par leur terroir, des barbecues de fin de shift, des dégustations improvisées… Et ce parfum de moût frais dans l’air, qui colle aux vêtements et aux souvenirs.
Si tu souhaites vivre cette experience tu apprendras à reconnaître les arômes d’un jus en fermentation, à manier une pompe comme un pro (ou presque), à courir après un tuyau mal branché, et à ne jamais sous-estimer l’importance du nettoyage dans une cave.
Une page qui se tourne
Ce qui rend cette expérience encore plus particulière, c’est qu’il s’agissait des dernières vendanges sous le nom de Pernod Ricard New Zealand. En effet, le groupe a décidé de vendre ses activités viticoles néo-zélandaises, marquant ainsi la fin d’une époque. Travailler pendant cette transition, c’était ressentir une certaine émotion dans l’air : les équipes savaient que quelque chose allait changer. Les visages étaient partagés entre nostalgie et curiosité quant à l’avenir. Être là, à ce moment précis, m’a donné l’impression de faire partie de l’histoire d’un grand nom du vin kiwi.
En résumé
Travailler chez Pernod Ricard New Zealand, c’est vivre les vendanges à grande échelle, avec tout ce que cela implique d’intensité, de rigueur, mais aussi de fierté. On participe à la naissance de millions de bouteilles, qui voyageront aux quatre coins du globe. Et quand on croise une bouteille de Stoneleigh ou Brancott Estate, on se dit : “J’y ai mis un peu de moi.”

